J'ai longtemps eu honte de mes poils ... aujourd'hui j'aide les femmes à ne plus en avoir honte.
- Melissa Daigle

- 13 mars
- 5 min de lecture
Une confidence que j’ai longtemps hésité à partager
J’ai longuement voulu écrire ce texte, mais je n’ai jamais vraiment trouvé les mots, ni le courage de le faire.
Aujourd’hui, j’ai décidé que c’était le bon moment.
Lorsqu’une cliente entre dans ma salle pour une séance d’épilation définitive au laser, il se passe toujours un moment un peu particulier. Un mélange d’incertitude, de gêne et parfois même de vulnérabilité.
Quand on y pense, c’est un moment assez particulier dans une vie : se dévêtir devant quelqu’un qu’on ne connaît même pas, dans l’espoir qu’elle puisse nous aider à régler quelque chose qui nous dérange depuis parfois des années. Une insécurité qu’on cache habituellement, mais qu’on doit soudainement révéler à une inconnue. Certaines clientes arrivent avec beaucoup d’assurance, et je dois dire que je suis toujours impressionnée par ces femmes qui s’assument complètement. Celles qui enlèvent leur chandail ou leur brassière avec une aisance naturelle, qui discutent et rient comme si de rien n’était.
Et à chaque fois, je me dis : wow… quelle force , j'aurais aimé être comme ça. Parce que, pour être honnête avec vous, c’est quelque chose que je n’ai jamais été capable de faire facilement : assumer qui j'étais .
Quand l’insécurité devient un sujet tabou
Lorsque je vois qu’une cliente n’est pas à l’aise, je prends toujours quelques minutes pour briser la glace.
Je lui explique que moi aussi, j’ai vécu des insécurités liées à la pilosité. J’ai le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), une condition hormonale assez fréquente chez les femmes, qui peut provoquer entre autres une pilosité excessive.
Et quand je dis excessive… je veux dire partout. Genre, vraiment partout.
Pas juste quelques petits poils blonds et discrets. Si ça avait été ça, mon adolescence et ma vie de jeune adulte auraient été tellement plus simples.
Je parle plutôt de poils foncés, épais, qui repoussaient à une vitesse incroyable.
Je pouvais me raser… et le soir même, c’était déjà piquant.
Certaines personnes vivent ça au niveau du bikini, et c’est déjà quelque chose qui peut être difficile à gérer.
Mais dans mon cas, c’était aussi :
aux orteils
aux doigts
au visage
sur toute la surface des fesses
sur le ventre
autour des aréoles
dans le bas du dos
Des endroits dont on ne parle jamais, parce qu’on a souvent l’impression d’être la seule à vivre ça , et pendant longtemps, je pensais justement être la seule aussi.
La réalité derrière la pilosité féminine
Avec les années et mon travail en esthétique, j’ai compris une chose importante :
la pilosité féminine est beaucoup plus variée et fréquente qu’on le pense.
Les hormones, la génétique, le syndrome des ovaires polykystiques, certains médicaments ou simplement la nature peuvent influencer énormément la densité et l’emplacement des poils.
Pour plusieurs femmes, ce n’est pas un problème, et c’est parfait comme ça.
Mais pour d’autres, cela peut devenir une source réelle d’inconfort ou d’insécurité. Pas parce que les poils sont « mauvais » ou « anormaux », mais simplement parce que chaque femme a son propre rapport avec son corps.
Le moment qui m’a poussée à écrire ce texte
Hier encore, j’avais une cliente en consultation.
Comme souvent, la discussion a fini par dériver vers les zones plus délicates. Je lui ai raconté mon histoire, comme je le fais parfois pour dédramatiser.
Je lui ai mentionné que moi-même, j’avais fait mes aréoles complètes au laser,et là, j’ai vu quelque chose changer dans son regard.
Elle m’a demandé timidement :
« Est-ce que c’est possible d’ajouter cette zone à mon forfait ? »
Quand je lui ai répondu oui, elle a versé une petite larme.
Pas de tristesse. Mais plutôt un mélange de soulagement et de compréhension.
À ce moment-là, j’ai réalisé à quel point ce que j’avais vécu pendant des années est beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine.
Le rôle de l’épilation laser aujourd’hui
L’épilation laser moderne, notamment avec les technologies au laser diode, a énormément évolué au cours des dernières années.
Contrairement aux méthodes traditionnelles comme le rasage ou la cire, le laser agit directement sur le follicule pileux en ciblant la mélanine du poil. L’énergie lumineuse est absorbée et transformée en chaleur, ce qui permet d’affaiblir progressivement la racine du poil.
Résultat :
une repousse beaucoup plus lente
des poils plus fins
une diminution progressive de la densité
une peau souvent plus douce et plus uniforme
C’est une technologie qui est aujourd’hui utilisée partout dans le monde en esthétique médicale et professionnelle.
Mais je tiens à être très claire sur une chose :
Le laser n’est pas une obligation
Ce texte n’a jamais eu pour objectif de normaliser l’idée que chaque femme doit absolument enlever ses poils. Au contraire, les poils sont naturels.
Et aujourd’hui, on voit même un mouvement de plus en plus présent de femmes qui choisissent de garder leurs poils et de les assumer pleinement.
Je suis allée récemment dans un resto-bar et il y avait une gang de filles en petit top, sans brassière, avec des poils longs aux aisselles, qui dansaient et riaient sans se soucier du regard des autres.
Et honnêtement ? Je les ai trouvées magnifiques !! Magnifiques parce qu’elles avaient une confiance que moi, je n’avais pas à leur âge. J'ai même ressenti une certaine jalousie de ne pas avoir eu cette capacité d'acceptation de moi-même à leur âge .
Chaque femme a le droit de choisir
Il y a celles qui se sentent bien avec leurs poils, et il y a celles pour qui certains poils deviennent une source d’inconfort ou d’insécurité. Les deux réalités existent, et les deux sont valides.
Mon rôle en esthétique n’est pas de dicter ce que les femmes devraient faire avec leur corps. Mon rôle est simplement d’offrir des solutions sécuritaires, professionnelles et respectueuses, pour celles qui souhaitent apporter un changement.
Un petit geste qui me tient à cœur
Comme mon message aujourd’hui vient d’un endroit très sincère, j’ai envie de vous partager quelque chose.
Depuis un moment déjà, lorsque mes clientes me parlent de poils au niveau des aréoles, je leur offre ce traitement gratuitement lorsqu’elles sont déjà en forfait laser.
Pourquoi ?
Parce que je sais exactement ce que ça peut représenter. Ce petit complexe qu’on garde pour soi pendant des années. Ce détail qui peut sembler banal pour les autres, mais qui peut peser lourd pour celle qui le vit. Alors si mon expérience peut aider ne serait-ce qu’une seule femme à se sentir un peu moins seule… ça vaut la peine d’en parler.
Vous n’êtes pas seules
Si vous vivez une situation similaire à la mienne, sachez simplement une chose :
vous n’êtes pas seules.
La pilosité féminine est beaucoup plus commune qu’on le croit. Et il n’y a absolument aucune honte à vouloir en discuter ou à vouloir trouver une solution. Que ce soit le laser, l’acceptation, ou un mélange des deux. L’important est simplement de se sentir bien dans sa peau.
Melissa D.
Propriétaire Beauté Émeraude
Sept-Îles, L'Assomption & Val-d'Or



