Cette phrase que je n'oublierai jamais en consultation...
- Melissa Daigle

- 22 mars
- 3 min de lecture
Parfois, tout commence par une confidence
Il y a des rencontres qui vont bien au-delà d’une simple consultation esthétique.
Des moments qui nous marquent, qui nous touchent profondément, et qui nous rappellent pourquoi on a choisi ce métier.
Dans mon quotidien, je rencontre des femmes de tous les horizons, avec des réalités différentes, des parcours uniques, mais souvent, des émotions qui se ressemblent plus qu’on ne le pense.
Et parfois, au détour d’une conversation, une phrase vient tout arrêter.
Une confidence qui reste
Une femme m’a déjà confié, lors d’un échange en clinique, qu’elle n’avait jamais reçu de soin du visage.
Par curiosité, je lui ai demandé pourquoi.
Sa réponse était hésitante, comme si elle pesait chacun de ses mots.
Puis elle m’a dit :
« On entre dans un sujet sensible… je ne me trouve pas belle. »
À cet instant précis, le temps s’est comme suspendu.
Ce ne sont pas seulement des mots que j’ai entendus.
C’est un ressenti, un poids, une vérité qu’elle portait probablement depuis longtemps.
Et sans m’y attendre, les larmes me sont montées aux yeux.
Quand ça résonne en soi
Ce qui m’a bouleversée, ce n’est pas uniquement ce qu’elle a dit, c’est à quel point ça a fait écho en moi.
Parce que, même en étant dans le domaine de l’esthétique, même en ayant accès à des technologies avancées, même en comprenant la peau sous tous ses angles, je reste une femme avec mes propres insécurités.
Je lui ai partagé, avec honnêteté, que moi aussi, il m’arrive de ressentir ce malaise. Que parfois, lorsque quelqu’un s’approche trop près de mon visage, je bug immédiatement sur une imperfection que je dois avoir. Une texture, un bouton, un détail que je suis probablement la seule à remarquer, mais qui, sur le moment, prend toute la place.
Et dans ces instants-là, un inconfort s’installe.
Un réflexe de recul. Comme si être vue de trop près devenait difficile.
Je vis avec de l’acné hormonale, un déséquilibre que même les meilleures technologies ne peuvent complètement effacer. Mon corps suit ses cycles, et avec eux viennent certaines réactions : des imperfections, des variations, des poils rebelles, toutes des réalités que je connais, que je comprends, mais qui viennent quand même, parfois, teinter la perception que j’ai de moi-même.
Et dans ces moments-là, je ne suis plus l’esthéticienne, je suis simplement une femme qui apprend, elle aussi, à s’accepter.
Ce qu’on oublie trop souvent
Aucune femme ne devrait avoir à penser qu’elle n’est pas belle.
Encore moins à le dire à voix haute.
Et pourtant, combien le pensent en silence ?
On vit dans une réalité où les standards sont élevés, souvent irréalistes, amplifiés par les réseaux sociaux, les filtres, les images retouchées. À force de comparaison, on finit par perdre le contact avec ce qu’est réellement une peau vivante, une peau normale, une peau humaine.
On oublie que la beauté n’est pas dans la perfection, mais dans l’authenticité.
Une rencontre pleine de sens
Malgré la sensibilité du moment, j’ai été profondément touchée par sa capacité à mettre des mots sur ce qu’elle ressentait. Parce que ça demande du courage, beaucoup plus qu’on pourrait le croire.
Dans cet espace-là, en toute simplicité, il s’est créé un lien, du moins, je crois.
Je lui ai dit, avec sincérité, qu’elle était belle. Je lui ai expliqué que sa peau était simplement déshydratée, qu’elle avait besoin d’attention, de douceur, d’un accompagnement adapté. Mais qu’au-delà de ça, elle avait déjà une très belle base, et surtout, je lui ai dit que ses yeux étaient également magnifiques.
Parce que parfois, le regard qu’on pose sur soi-même est tellement dur, qu’on a besoin, ne serait-ce qu’un instant, d’emprunter celui de quelqu’un d’autre.
Ma petite parenthèse sur l’estime de soi
L’estime de soi ne se transforme pas en un seul soin, ni en une seule journée.
C’est un processus, un cheminement qui se construit tranquillement.
C’est apprendre à se voir autrement, à faire la paix avec certaines réalités, à comprendre que notre peau évolue, réagit, vit, et que tout ça fait partie de nous.
Dans mon métier, je travaille la peau, mais bien souvent, j’accompagne aussi quelque chose de beaucoup plus profond.
Là où tout prend son sens
Je me considère privilégiée de pouvoir côtoyer des femmes chaque jour, d’être témoin de leurs histoires, de leurs vulnérabilités, mais aussi de leur force.
Si, à travers mon travail, je peux contribuer, même un peu, à ce qu’elles se voient avec plus de douceur, plus de bienveillance, plus d’amour, alors tout prend son sens pour moi.
Parce qu’au-delà des soins, des technologies et des résultats visibles, il y a quelque chose d’encore plus important : la relation qu’on entretient avec soi-même.
Et ça, et bien c’est un travail qui mérite toute notre attention.
Certaines situations sont inspirées de rencontres vécues en clinique, toujours partagées avec respect et sans permettre d’identifier qui que ce soit.
Melissa D.
Propriétaire de Beauté Émeraude Sept-Îles et l'Assomption



